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 L'anabaptisme
issu du bouillonnement religieux de la Réforme trouve ses racines dans le mouvement
pacifiste zurichois du 16ème siècle. Les anabaptistes sont ainsi nommés parce
qu'ils refusent le baptême des enfants. Persécutés, ils arrivent, à partir du
milieu du 16ème siècle, dans le val de Lièpvre. Les premiers d'entre eux qui se
fixent dans la vallée sont des mineurs venus de Suisse et de Moravie appartenant
à des mouvements spirituels divers. D'autres mouvements migratoires se dessinent
dès 1671 à partir du canton de Berne où les paysans-éleveurs anabaptistes sont
persécutés. Il en arrive à Sainte-Marie de l'Emmental, puis de la région de Thoune
(1691-1696) et de Sumiswald (1705-1709). Les anabaptistes sainte-mariens se forgent
très rapidement une solide réputation d'agriculteurs honnêtes et travailleurs.
Ils contrôlent rapidement la production du bois, des scieries et exploitent quelques
moulins. Ils s'enrichissent et cet embourgeoisement relatif déplaît aux membres
les plus radicaux de la communauté. *Jacob Amann dit le " Patriarche " se fait
vite leur porte-parole et dénonce le relâchement des moeurs. Par crainte de voir
la communauté perdre son identité, il tente d'imposer à ses disciples un strict
non-conformisme : maintien du dialecte bernois, refus du service armé et de toute
fonction publique, vêtements austères aux couleurs sombres, absence de boutons,
de bijoux, d'alliance, pas de boucle aux chaussures, port de la barbe. En 1693,
c'est le schisme entre Jacob Amann et ses disciples et la grande majorité des
communautés anabaptistes du Palatinat et de Suisse (les Mennonites). Les partisans
de Jacob Amann appelés les " Amish " se replient sur eux-mêmes et refusent tout
contact avec les autres communautés. L'accaparement des terres par les amish,
leur réussite fulgurante suscite beaucoup de jalousies dans le Val de Lièpvre.
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| En
1712 , un édit royal de Louis XIV prononce l'expulsion des Amish. Cet édit est
soutenu par des personnes influentes qui en profitent pour s'accaparer les biens
devenus vacants. Les Amish se dispersent alors dans toute l'Alsace et jusqu'en
Lorraine. Leur religion n'étant pas reconnue, aucun lieu de culte anabaptiste
n'a officiellement existé. Les Amish se réunissaient vraisemblablement dans les
fermes des membres de la communauté.
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