
Contact
: Bénédicte HERNU Animation
du Patrimoine -
Villa Burrus 11a rue Maurice Burrus 68160 Sainte-Croix-aux-Mines
Tél. 03 89 58 35 91 Fax 03 89 58 69 84 Mail :patrimoine@valdargent.com
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Jusqu'à
la fin du 15e siècle, le territoire présente des caractères éminemment ruraux
: l'agriculture et l'exploitation du bois sont les seules activités pratiquées
par les " pauvres gens du Val de Lièpvre ", dont les contributions et les taxes
sont fréquemment payées en nature. Lieu de cueillette et pépinière des bois de
construction et de chauffage, la forêt constitue le pilier de l'économie locale
et couvre les besoins d'une population agricole. A partir du 16e siècle, le bois
alimente l'industrie minière, qui en consomme en grandes quantités. Cette matière
est employée pour la consolidation des galeries et des puits, pour la construction
des pompes hydrauliques, ou encore pour la fabrication du charbon de bois, utilisé
comme combustible dans les fonderies. |
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Pour
reconstituer les réserves forestières, un vaste programme de reforestation est
lancé entre 1860 et 1880 sur l'ensemble du Val d'Argent. A l'issue des deux conflits
mondiaux, ce programme est réactualisé : le choix des essences s'est orienté vers
des arbres résineux, dont la croissance est plus rapide que celle des arbres feuillus.
Sur les chaumes, on replante surtout du sapin et de l'épicéa, tandis que le pin
repeuple les pâturages de basse et moyenne altitude. Avec près de 6 000 hectares
de forêts, la vallée de Sainte-Marie-aux-Mines se classe aujourd'hui en première
position parmi les communes forestières du Haut-Rhin. Le défrichage des forêts, dont le bois alimente l'industrie minière, augmente la surface des terrains exploitables par les agriculteurs. Progressivement, des marcaires s'installent dans ces granges qui deviennent nos fermes de montagne. Vers 1585, on dénombre 14 granges sur le ban de Sainte-Croix-aux-Mines : elles sont toutes installées sur les hauteurs de la commune. L'arrivée des anabaptistes suisses, à la fin du 17ème siècle, accélère le développement de l'agriculture de montagne. En effet, les anabaptistes introduisent de nouvelles techniques agricoles dans le Val de Lièpvre : le nettoyage systématique des terrains, la fumure intense, l'irrigation des prés, l'utilisation de la faux, ou encore le soin apporté à l'alimentation des cheptels leur donnent des résultats d'exploitation supérieurs à ceux de la population locale. Mais en 1712, Louis XIV ordonne l'expulsion des anabaptistes. Leurs fermes, vendues ou abandonnées, sont réoccupées ensuite par des agriculteurs patoisants (ou " welches "). A Sainte-Marie-aux-Mines, le fond de la Petite Lièpvre accueille des paysans venus de la vallée voisine du Bonhomme, tandis que s'installent à Sainte-Croix-aux-Mines des habitants d'Orbey, des Lorrains et des Francs- Comtois.
Jusqu'à la Révolution, l'exploitation agricole s'appuie en grande partie sur les
troupeaux et les prairies appartenant à la communauté villageoise. Au milieu du
19ème siècle, les prairies communales disparaissent au profit des exploitations
privées. Il y a des fermes pratiquement sur toutes les hauteurs et dans tous les
vallons. La plupart des exploitations sont petites et limitées à 5 ou 6 hectares.
Le type d'agriculture est l'héritage du savoir-faire anabaptiste : c'est celui
des fermes d'altitude moyenne. On y pratique la culture de la pomme de terre,
des céréales, des vignes et l'élevage du bétail. Le marcaire et sa famille résident
en permanence à la ferme où ils vivent pratiquement en économie fermée. Chaque
exploitation produit ce qui est nécessaire à son existence. Pour améliorer l'ordinaire,
les paysans vendent le surplus de la production sur les marchés ou exercent d'autres
métiers en dehors des travaux agricoles (maçons, charpentiers, sabotiers…). Ainsi,
la vie sociale des exploitants agricoles reste fragmentaire. Elle se limite à
des occasions périodiques (marchés, pèlerinage annuel…) ou accidentelles (mariage,
baptême, enterrement…). Veillé autour du poële dans une ferme - Desin de H Valentin (vers 1820) Durant la période de l'Annexion (1871-1919), les fermes de montagne s'ouvrent davantage vers le reste de la population. Avec l'essor du romantisme, qui se veut nostalgique du passé et amoureux de la nature, et la création du Club Vosgien en 1871, les promenades dominicales dans le massif vosgien connaissant un formidable essor. La plupart des fermes situées le long des crêtes deviennent des " fermes-restaurants ", où les populations des deux versants continuent à se rencontrer au mépris de l'établissement de la frontière politique. Depuis 1945, le secteur agricole poursuit sa mutation. Ces transformations se caractérisent par une diminution générale du nombre d'exploitations et par le développement de nouvelles activités. Sur les 427 exploitations recensées en 1955, il en subsiste 71 en l'an 2000 : 26 d'entre elles exercent une activité autre que l'agriculture, telle que la restauration ou l'hébergement, la vente de produits fermiers…
Ferme auberge du Haïcot, vers 1900
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