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Contact : Bénédicte HERNU Animation du Patrimoine -
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 Le Val d'Argent fut autrefois le théâtre d'une longue activité minière. La découverte de filons argentifères au 10ème siècle constitue le point de départ d'une première exploitation minière. Blidulphe, le fondateur du prieuré de Belmont, aurait eu un rôle déterminant pour l'exploitation des mines. Sous son autorité, des colons ont extrait le minerai d'argent du sous-sol. Mais, rencontrant des difficultés d'ordre technique, ces exploitations furent abandonnées au courant du 14e siècle.
A la fin du 15e siècle, les filons d'argent sont redécouverts suite à des fouilles entreprises par le Duc de Lorraine. Ayant pris connaissance des récentes découvertes de leur voisin, les Ribeaupierre mettent également leur sous-sol en exploitation. Grâce à l'invention de nouvelles techniques d'exhaure, les mineurs peuvent pénétrer plus profondément sous terre et donc atteindre des filons jusqu'alors inaccessibles avec la seule technique des puits.

De la fin du 15ème siècle jusqu'au milieu du 17ème siècle, la vallée de Sainte-Marie-aux-Mines connaît une période de prospérité économique minière extraordinaire. De 1528 à 1550, 80 mines d'argent, de plomb, de cuivre, etc. sont exploitées tandis que 19 fonderies sont en activité jour et nuit. L'industrie minière décline à la fin du 16e siècle. L'épuisement progressif des filons et la concurrence des métaux précieux importés d'Amérique du Sud rendent l'activité minière locale moins rentable. Par ailleurs, l'irruption de la guerre de Trente Ans et le passage des troupes suédoises en 1635 stoppent provisoirement les exploitations des mines. Celles-ci sont remises en activité après la Guerre de Trente ans et l'on obtient encore périodiquement de bons résultats jusqu'au milieu du 18e siècle. L'exploitation du cobalt, utilisé pour la fabrication de colorants et dans la décoration des poteries, fait travailler quelques dizaines de mineurs vers 1740. A cette époque, l'industrie textile prend alors la relève mais certains filons sont encore exploités par intermittence jusqu'au milieu du 20ème siècle.

galène argentifère

Exploitation minière du 16e siècleA la fin du 19e  siècle se constitue la société par actions Markircher Berg und Hüttenverein. Les entrepreneurs font construire dans le vallon du Rauenthal un vaste complexe minier destiné au traitement des minerais. Mais les perspectives de production on été largement exagérées : bien vite, les résultats s’avèrent nettement inférieurs aux portes en 1905, soit seulement huit années après sa création. Une dernière tentative d’exploitation a lieu dans les années 30. Exploitée au 16e siècle puis abandonnée, la mine Gabe Gottes ("Don de Dieu") est réouverte en 1932. On y extrait de l’arsenic natif. Mais l’irruption de la 2e Guerre Mondiale précipite sa fermeture en 1940, mettant un terme à un millier d’années d’activité minière.

Les mines du Val d’Argent présentent des traits originaux par rapport aux autres régions minières de France. Au 16e siècleJuge des mines, l’exploitation des mines fut à l’origine de l’introduction de nombreuses réformes économiques et sociales sur les terres des Ribeaupierre et du Duc de Lorraine. D’une part, ces réformes ont permis de moderniser l’administration locale et d’intégrer la vallée dans les principaux circuits économiques régionaux. D’autre part, la longue période d’activité minière permet de percevoir l’évolution des techniques utilisées pour l’exploitation des minerais.

Au début du 16e siècle, l’activité minière et les milliers de mineurs qu’elle emploie nécessitent la mise en place de nouvelles pratiques administratives. Dès 1527, un règlement minier est mis en place par les Habsbourg dans le Val de Lièpvre, aussi bien du côté lorrain que du côté alsacien. Ce règlement fixe les modalités de l’exploitation minière, décrit les procédures administratives à suivre et prévoit l’installation d’un personnel minier qualifié. Progressivement, une véritable hiérarchie administrative s’organise : en haut de l’échelle figure le juge des mines dont les attributions sont nombreuses. Ce personnage procède au partage des concessions et intervient dans toutes les affaires relatives aux mines. Il est assisté de plusieurs directeurs techniques, de greffiers et de percepteurs des dîmes.

De surcroît, le règlement minier introduit plusieurs mesures sociales en faveur du personnel lié à l’activité des mines. Regroupé au sein de la Knappschaft (la Confrérie des mineurs), le personnel minier bénéficie d’un régime administratif et judiciaire particulier. Les mineurs ne doivent obéissance qu’au juge des mines. De même, ils jouissent de nombreux privilèges fiscaux, au nombre desquels figure l’exemption de la taille et des taxes seigneuriales, ou encore la jouissance du droit de pâturage et de cueillette du bois. Tout ce qui sert à l’activité minière est également exempté de taxes (suif, charbon de bois,…).
 

La Confrérie dispose de sa propre caisse de maladie : la Caisse des mineurs. Les membres paient une cotisation chaque semaine : le « Wochenpfennig ». Celle-ci correspond à 1/100 de leur salaire. L’argent ainsi cotisé permet de venir en aide aux malades, aux invalides, aux veuves et  orphelins, aux nécessiteux, de rétribuer un instituteur et un pasteur. Dissoute à la fin du 18e siècle, la Caisse des mineurs fut refondée en 1833. Bien que les mines ne soient plus en activité actuellement, la Caisse des mineurs existe encore de nos jours. Les membres de la Caisse ouvrent les défilés protocolaires lors des manifestations publiques (Fête nationale, 11 novembre,…).

Caisse des Mineurs                                       Caisse des Mineurs

                               Projet de bannière de la caisse des mineurs 1833              Membre de la caisse vers1900                                                

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