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Contact : Bénédicte HERNU Animation du Patrimoine -
Villa Burrus 11a rue Maurice Burrus 68160 Sainte-Croix-aux-Mines
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Parallèlement à l'industrie minière, d'autres activités se développent dans le Val d'Argent. Des corporations de drapiers, de bonnetiers, de passementiers proposent dès le 16ème siècle des produits de qualité qui se vendent aussi bien à Bâle qu'à Versailles. Mais à partir de la seconde moitié du 18ème siècle, un certain nombre de circonstances sont favorables au développement de l'industrie cotonnière. A Mulhouse, la production de textile et l'installation de nouvelles manufactures sont limitées par ordonnance municipale au milieu du 18e siècle. Membre de la Confédération helvétique, l'agglomération mulhousienne éprouve des difficultés à exporter ses produits textiles, qui sont frappés de droits de douane importants. En France, la situation est tout autre : les décrets français autorisent la libre circulation des matières premières, des toiles de coton et des fils teints. L'activité minière a laissé derrière elle un important réservoir de main d'oeuvre disponible, ainsi qu'un " tissu urbain parfaitement tramé et organisé […], propre à supporter la concentration de main d'oeuvre ". Avec quelques adaptations, certaines installations de l'industrie minière (canaux, bocard, bâtiment…) peuvent être réutilisées par l'industrie du textile. La vallée dispose aussi d'un réseau hydraulique bien développé, et dont l'eau, exempte de calcaire, possède des qualités reconnues pour le traitement des matières textiles. Enfin, sa situation géographique offre des débouchés intéressants sur les grands marchés régionaux, voire nationaux (Nancy, Mulhouse, Strasbourg, Paris…).

Dès 1740, Philippe Steffan et Médard Zetter entreprennent la fabrication d'indiennes. En 1756, leur manufacture emploie 200 personnes et une ordonnance datée de la même année leur accorde l'exclusivité de la fabrication. Mais des difficultés d'approvisionnement se posent aux fabricants sainte-mariens. Si celui du lin cultivé dans le nord du pays et même dans la vallée est facilement assuré, celui du coton pose de gros problèmes. En effet, le coton est importé de Turquie et de Grèce. On le transporte jusqu'à Vienne en remontant le Danube ou alors jusqu'à Marseille en traversant la Méditerranée. Il faut environ 6 semaines à une caravane de charrettes tirée par des chevaux pour relier notre ville au port de Marseille. Le grand mérite de Jean Georges Reber est d'avoir réussi à faire fabriquer sur place ou dans la proche région les filés nécessaires au tissage sainte-marien par la création d'une première filature, en 1755. Suivant l'exemple de Jean Georges Reber, de nouveaux industriels viennent dans le dans la vallée pour y installer des filatures. Ces dernières emploient de plus en plus la main d'oeuvre des populations rurales disséminées dans les vallées de Sainte-Marie-aux-Mines, de Kaysersberg, de Villé, de Schirmeck, de la plaine d'Alsace et d'Allemagne. Avec la création des premières filatures, la vallée de Sainte-Marie-aux-Mines est capable de produire ses propres fils, mais elle ne sait pas encore teindre industriellement ceux qui doivent l'être pour le tissage de certains articles. Les fils sont transportés jusqu'à Marseille, qui a hérité de la technique traditionnelle de la teinture indienne. Avec 3 mois pour le voyage aller-retour et 3 mois pour les opérations de teinture proprement dites, les fils sont immobilisés près de 6 mois ! A partir de 1800, Schoubart ouvre un atelier de teinture sur le ruisseau de Liversel dans le quartier du Foulon. Jean Georges Reber rachète un bâtiment de l'ancienne " Société générale des mines " et le transforme en teinturerie. D'autres industriels suivent ce mouvement naissant. C'est le départ de l'industrie cotonnière.

La création des premières filatures suivie de celle des premières teintureries va simplifier la tâche des tisseurs puisqu'ils peuvent désormais s'approvisionner sur place. En 1803, 6 000 ouvriers travaillent pour l'industrie du textile à Sainte-Marie-aux-Mines et dans les vallées environnantes. Entre 1825 et 1833, un commerce fructueux s'établit avec Paris. Sainte-Marie-aux-Mines devient un centre reconnu pour la qualité de ses tissus. La technique employée par les tisseurs Sainte-mariens est celle du tissage des fils teints séparément par couleur avant leur emploi dans les tissages. Le résultat du tissage est un tissu de couleur appelé " l'article de Sainte-Marie " dont le nom varie d'une époque à l'autre. Les plus connus sont la " siamoise ", le " guinghan ", l' " écossais ". La première période " textile " de Sainte-Marie-aux-Mines est marquée par les cotonnades (1750-1840).

A partir de 1840, le coton ne se vend plus. Il faut innover et le coton est peu à peu remplacé par des mélanges coton, soie, laine et les premiers tissus pure laine et pure soie. Grâce au succès obtenu par ces nouvelles étoffes, la période de 1840 à 1870 est une période d'expansion économique. En 1866, 9 504 personnes sont occupées dans les manufactures et Sainte-Marie-aux-Mines compte 12 352 habitants. Mais la guerre de 1870 et l'annexion de l'Alsace à l'Allemagne sont lourdes de conséquences pour les industriels du textile locaux. La France constituait jusqu'alors l'essentiel de leurs débouchés. Désormais leurs produits sont frappés de droits de douane et ils ne parviennent plus à concurrencer les tissus analogues fabriqués par les usines du Nord de la France. Dès lors, les industriels se tournent vers le marché allemand qui, lui, demande de la laine. De 1874 à 1886, la reconversion à la laine est totale. La conquête du marché allemand est un succès et la qualité des produits permet très rapidement de reconquérir le marché français. Parallèlement, des progrès en teinturerie, en tissage sont réalisés. Entre 1870 et 1890, la mécanisation se répand dans les grands ateliers.
La Première guerre mondiale entraîne à nouveau l'arrêt du travail. Après la reprise de 1919, le krach de Wall Street en 1929 stoppe une nouvelle fois les affaires, car 25 à 30% des tissus fantaisie sainte-mariens étaient destinés à l'exportation. L'arrivée des Allemands en juin 1940 marque une nouvelle rupture et la fin de " l'article de Sainte-Marie " jusqu'à la Libération. Avec le réapprovisionnement régulier en matière première, une nouvelle période de prospérité s'ouvre en 1946. Sainte-Marie-aux-Mines redevient un grand centre lainier. Les mélanges de coton et de laine aboutissent à la création de la " Lavablaine ".

Cette période euphorique est de courte durée car une nouvelle crise secoue l'industrie textile à partir de 1954. Celle-ci trouve ses origines dans la mévente des tissus écossais, spécialité des tissages locaux, les hausses des matières premières et des salaires, et le vieillissement du matériel et des méthodes de production. Confrontées à de fréquents problèmes de trésorerie, de nombreuses entreprises ne parviennent pas à s'adapter aux nouvelles exigences du marché. La crise se généralise au cours des années 70 et les u sines ferment les unes après les autres. Au cours des trois dernières décennies, le Val d'Argent est durement touchée : de la centaine d'usines textiles en activité au début du 20e siècle, seule subsiste aujourd'hui la société des Teintureries de l'Est (TDE).
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Entrée du vallon de Fertrupt et
filature Weisgerber - 1855

Machine à tisser mécanique-Photo A. auffmann

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